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  • Last but not least

    La nuit était belle, calme et apaisée. J'étais réveillé vers 3h30 du matin et les étoiles n'étaient autre que magnifiques. La petite ours était là, elle aussi, comme lorsque j'étais adolescent et que j'humais le parfum du soir quand venais l'heure de fermer les volets. Je prenais tout mon temps, contemplant tout autant les étoilesque les lumières sur la rade de Cherbourg. Mais au fond c'était l'odeur de la nuit que je préférais tout en cherchant des yeux la toute mignonne petite ours.

    Aujourd'hui, une fois de plus, on m'a indiqué quelque chose au moment précis où j'en avais besoin. Alors que je nettoyais ma chaîne bien comme il faut selon les recommandations d'Annette, elle me propose son outil pour vérifier le serrage de mes vis. A peine ai-je refusé que je découvre le poteau rose (j'ai longtemps cru que cela s'écrivait comme cela et je trouve ça plus joli comme image qu'un pôt aux roses, bref...). Il me manque la vis de fixation du porte bagage au niveau de l'axe de la roue à tribord. "Depuis combien de temps je roule comme ça ? C'est pas très securitaire d'avoir le porte-bagage qui repose comme de même sur l'axe de la roue !" Problème réglé, je file de nouveau sur la route, still on my own.

    Et me voici à Saint Moïse à me faire cuire des pâtes sur le parvis de l'église en ce dernier vrai jour de vélo. Tout à l'heure j'installerai ma pancarte. Tout à l'heure, je chercherai quelqu'un pour me téléporter de plusieurs centaines de kilomètres. En attendant le vent souffle de plus belle et je suis bien content de ne pas l'avoir trop de face. Serait-ce la queue de l'ouragan qui passe sur le Sud-Est des États-Unis qui annoncerait ainsi son passage imminent ? Si j'en crois mon ami Bernard (pardonnez-moi ces familiarités mais j'aime profondément lelivre de Monsieur Moitessier), la brillance des étoiles de cette nuit, due à desvents violents tout là-haut, pourrait être un signe avant coureur d'une tempête s'annonçant d'ici un à deux jours. On verra...mais c'est vrai que le vent devient costaud. Vingt noeuds facile.

    Ça y est, j'ai passé Mont-Joli. La boucle est bouclée. Je me remplit une nouvelle fois la panse de pâtes. Cette fois-ci c'est dans un restaurant et je calerai sur une énorme part de gateau au chocolat. Il est vrai que j'avais déjà mangé deux petites heures auparavant.

    Direction Rimouski, pancarte bien installée sur la guitare. Maintenant, on rentre.

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    Mais que fait ce bateau-la, là, las, échoué ?

    On dirait un vieu rêve fatigué.

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    Après trente kilomètres de vent fort et de face la fatigue commence très manifestement à se faire sentir. Mon panneau est complètement inutile, l'A20 accueille l'ensemble du flux interurbain j'imagine, d'autant qu'ici il n'y a que rarement de péage sur autoroute. La 132 et l'A20 se rejoignent pour quelques kilomètres au Bic, mais c'est tout de même un peu loin. 25km peut-être... Dommage, je pourrais y essayer le stop avec plus de chance là-bas. Le gros monstre m'appelle de ses charmes. La boucle serait tout à fait bouclée si ainsi je finissais enfin par lui gratter le dos.

    L'arrivée à Rimouski est sublime avec ce soleil de fin d'après-midi qui fait fondre les nuages. Je devine au loin les contours du parc du Bic. C'est émouvant de repasser ici et de revoir ces contours familiers. Ils m'évoquent chaleureusement tous ces moments fantastiques. Quel bel au revoir !

     

    J'arrive épuisé à la gare de Rimouski.Il est aux environs de 18h. Je ne me sens pas mal. Je suis juste très fatigué, d'une bonne fatigue amenant le repos. Le train s'annonce dans longtemps. La gare n'ouvre elle-même qu'à 23h. Jedécide d'aller me poser sur la promenade face à la mer et au coucher de soleil. Je m'endors à moitié sur place et envisage désormais d'aller dormir le long des voies en attendant que le train ne me réveille.