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  • Au fil d'une lueur dans la nuit

    Je tombais de fatigue. Je m'étais tellement gavé à midi du self-service à 10R$ que je n'avais pas même faim huit heures plus tard. Une dernière promenade sur la plage m'appelait dans la nuit. Je marchais droit devant moi, guidé par le vent et cette implacable odeur de la mer. Je sais qu'il me faudra vivre à ses côtés désormais, je ne pourrais en douter plus avant. La marée montante m'arrêtait à mi-chemin d'une ballade qui aurait sinon sans doute été trop longue. Un cheval sauvage faisait les poubelles, et les projecteurs, dans le paysage, se prenaient pour la lune dans une sorte d'illumination des nuages à l'envers. Ce qui devait être le port de Recife éclairait, au loin, d'énormes vaisseaux chargés de commerce international. Toute la famille de Penha, et Otavio et Valeria et mes souvenirs et moi, allions après la nuit partir demain. C'était la dernière fois que le noir mangeait la mer qui ne pouvait se venger que sur le sable.

     

    Deux semaines passées ici m'avaient offert la bonté du jour simple. Ce soir encore, j'avais joué comme un enfant dans les vagues. Ce soir encore, je dormirai apaisé de connaître cette lueur du monde, sa belle gentillesse qui aura tout du long bercé mon escale. Demain, je m'envole pour ailleurs. Comme un voyage dans le voyage, je me tourne vers la suite et ses incertitudes. Je vais avant délaisser quelques affaires, je vais ici alléger mon fardeau. Je serai tout entier plongé dans le mouvement, délié de ces choses qui apportent autant qu'elles retirent. Cette plage accueillit avec bonheur ma retraite. Cette étape est finie. Le fil du voyage reprends sa fonction d'écheveau. Il vient soutenir ma vie, me maintenir adroitement bercé dans le fond de mon hamac.

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